Visite des collèges pilotes en Alsace.

Une présentation des projets mis en place par les collèges pilotes La Main à la Pâte en Alsace

Pour visiter la page du réseau des collèges pilotes en Alsace, c'est par ici !

Au nombre de cinq pour l'année 2016-2017, le réseau des collèges pilotes La main à la pâte en Alsace est suivi régulièrement par la Maison pour la science. Le printemps/été 2017 aura été l'occasion pour nous de partir à la rencontre des classes impliquées dans de nombreux projets interdisciplinaires et nous vous proposons sur cette page une sélection d'articles rédigés par nos soins lors de nos déplacements à la rencontre de ces Collèges. Ces articles ont été publiés préalablement sur notre plateforme Penser (dans) l'action.

23/06/17 - Inauguration du collège pilote Wolf à Mulhouse.

 

16/06/17 Inauguration du collège pilote Pfeffel à Colmar

Article DNA en téléchargement ici : Article DNA "Les sciences façon ludique"

Comme il l’a été annoncé dans les actualités du site de la Maison pour la science en Alsace, le mois de juin est consacré aux premières inaugurations des Collèges Pilotes de la Fondation la main à la pâte. Le 16 juin 2017 ont eu lieu deux inaugurations simultanément ; l’une au Collège Suzanne Lalique de Wingen sur Moder – à qui nous avons rendu visite quelques jours avant, et dont le reportage est à retrouver par ici – ; la seconde au collège Pfeffel de Colmar auquel une partie de l’équipe de comm’ – dont votre humble rédacteur – s’est rendue. suite ici : https://dynamiques.hypotheses.org/1523

 

13/06/17 "La science, c'est trop stylé !" - Collège Suzanne Lalique (Wingen-sur-Moder)

Nouvelle visite préparatoire, autre collège bientôt pilote - l'inauguration a lieu ce 13 juin - dans le petit village de Wingen sur Moder. Une journée spéciale puisqu'il s'agit d'un accueil des futurs élèves du Collège Suzanne Lalique - donc actuellement au CM2 - par les 6e, au travers d'une série de trois expériences :

La découverte et la maîtrise du logiciel Stellarium qui permet aux élèves de retrouver le ciel tel qu'il était à leur naissance ; d'explorer les constallations, de partir à la recherche de l'étoile polaire ; ou encore même d'observer le ciel depuis une autre planète.
La classification des êtres vivants : dans cet atelier, un ensemble de spécimens prêtés par le Musée Zoologique de Strasbourg sont présentés. La mise en situation demande aux élèves, à partir de critères scientifiques, de réussir à classer correctement lesdits spécimens.
L'analyse de fibres textiles au microscope : sous couvert d'une enquête policière, les élèves regardent au microscope différentes fibres textiles, les dessinent et doivent les comparer avec certaines retrouvées sur une scène de crime imaginée. Les Experts, mais en version plus réaliste.

L'originalité dans le déroulé de ces ateliers, menés en parallèle sur la journée, c'est que chaque petit groupe d'élèves de CM2 est pris en charge par un ou deux tuteurs - qui ne sont autre que les élèves de 6e qui les accueillent !

"Le but pour les CM2 est de découvrir le matériel utilisé par les collégiens, de voir le fonctionnement de certains cours, et de découvrir l’établissement et les professeurs. C’est un projet d’intégration des futurs 6e au collège." explique Michaël Capoj-Klein, enseignant en primaire.

"Le fait d’avoir un 6e pour « tutorer » les élèves de CM2 c’est pour transmettre un savoir, de s’adapter à l’élève en face d’eux. Le plus difficile c’est de réussir à aider sans faire à la place de l’autre, de ne pas lui donner les réponses, de tout manipuler et que l’autre soit spectateur."

A l'origine de ce projet, comme l'explique Christian Untereiner, directeur de l'établissement, il y a trois professeurs de SVT, physique et technologie, qui se sont lancés dans l'aventure interdisciplinaire ; l'émulsion motive d'autres intervenants, comme des professeurs de mathématiques, ou la documentaliste Delphine Spitz. Des différents entretiens que je réalise avec les enseignants et la documentaliste, les mêmes éléments reviennent quand on parle des buts et apports de ces projets pour les élèves.

Il s'agit d'une part d'inscrire la démarche d'investigation dans les enseignements, tout en s'affranchissant des barrières (fictives) des disciplines. Les élèves sont là pour apprendre à chercher les informations, à les retracer, à formuler des hypothèses et à mener les expériences pour pouvoir y répondre. Est présente aussi l'idée du travail de groupe, qui prépare les CM2 à avoir plus d'autonomie à la rentrée prochaine.

"Pour ma part, quand on étudie un objet scientifique ou technique, de garder le lien sans saucissonner les disciplines c’est ce qu’il y a de mieux pédagogiquement.", explique Christian Untereiner.

Ca donne du sens à l’apprentissage pour l’élève avant tout. La collaboration forte entre les établissements et les fameuses barrières qu’on fait tomber entre les disciplines, c’est un parallèle avec ce qui se passe dans la vraie vie. Plus on peut en être proche, plus on peut intéresser les élèves au travers de choses concrètes, réalistes. Il y a beaucoup de travaux pratiques, la démarche pédagogique est totalement différente. On rend l’élève d’avantage acteur, dans la recherche, la recherche de solutions, le questionnement et dans la réalisation."

Chercher à faire de l'élève un acteur de son apprentissage, c'est ce qui transparaît dans les discours des professeurs. Pour Christopher Dichtel, qui enseigne la physique-chimie, "l’expérience est ce qu’il y a de mieux, et là où les élèves apprennent le plus rapidement et facilement." Tout en précisant qu'il s'agit bien aux élèves de faire lesdites expériences. "Car si le prof fait les manips au bureau, les élèves ne vont rien apprendre ou retenir."

Et les élèves, alors ? On les voit impliqués, curieux et attirés par les ateliers proposés. Les 6e ont pu appréhender le terrain le jour précédent, et certains se donnent à coeur joie de restituer leur savoir aux CM2 - comme on l'observe avec la jeune Laura, qui donne l'impression d'être professeure avant l'heure. Après trois heures à enchaîner les expériences de toutes sortes, une fatigue certes se fait ressentir, mais comme le dit Mélodie Faury, directrice de la Maison pour la science, un ensemble de mots ne cesse de résonner au cours de la journée.

A chaque atelier, je les ai entendu dire "c'est trop stylé !". Regarder les fibres au microscope ? "C'est trop stylé !". Explorer le ciel ? "C'est trop stylé !". Examiner les spécimens du musée zoologique, la classification ? "C'est trop stylé !".

Si on en croit les élèves, donc, "la science, c'est trop stylé !". D'où le titre de cet article. Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ?

09/05/17 Les pieds sur Terre, la tête dans les étoiles - Collège Wolf (Mulhouse)

Qui n'a jamais rêvé pouvoir se représenter le système solaire à échelle humaine ? C'est le pari ambitieux relevé par plusieurs classes du Collège Wolf de Mulhouse, au sein d'un projet interdisciplinaire (EPI) soutenu par la Maison pour la science en Alsace dans le cadre des Collèges Pilote La main à la pâte. L'objectif ? Une exposition dans toute la ville, en représentant le système solaire à une échelle réduite au 1 milliardième. A cette même échelle, les distances entre le soleil et les différentes planètes, ainsi que leurs tailles, seront toute respectées. Chaque planète sera représentée  scientifiquement par un objet (par exemple, un grain de poivre pour Mercure) que les élèves devront mettre en valeur, sa représentation mythologique, un poster détaillant ces deux représentations - et une musique associée.

De la SVT, des lettres, de la musique et de l'art-plastique : les barrières entre les disciplines se confondent alors que le projet se construit avec l'aide des professeurs - au nombre de cinq, et d'une documentaliste. Le but est avoué : il s'agit "de créer et tisser des liens entre les matières", comme l'explique Laurence Grauwet, professeure de musique.

"Les élèves ont du mal à se rendre compte que l'on peut parler d'une même chose au travers de multiples disciplines." Avec un tel projet, "c'est une manière d'apprendre autrement, différente, plus vivante." Le plus important est "que les élèves soient impliqués. Qu'ils soient acteurs." précise Julie Gerard, professeure de français.

L'exposition itinérante, baptisée "Le système solaire s'anime à Mulhouse", ne sera inaugurée qu'au mois de juin. Un mois avant, les élèves sont réunis une après-midi dans le petit gymnase de leur établissement. En cause, la venue, spécialement pour eux, du Planétarium mobile du Jardin des Sciences de Strasbourg, qui permet de profiter sur place d'un ciel étoilé et de partir explorer l'infini en gardant les pieds bien sur terre. Natacha Toussaint, médiatrice scientifique, est venue pour parler des astres, des planètes et fait le lien avec la mythologie qui entoure l'histoire des constellations qui parsèment les cieux. Comment retrouver à coup sûr l'étoile polaire ? Quelle légende entoure la constellation de la grande ourse ? Sur quel axe peut-on retrouver les constellations qui ont donné leurs noms aux signes du zodiaque ?

Sous le dôme entièrement gonflé que constitue le Planétarium mobile, les élèves s'assoient plus ou moins calmement. A l'intérieur, on demande le silence car l'acoustique permet d'entendre le moindre chuchotement. Malgré une certaine agitation, le calme fait place alors que Natacha Toussaint commence son discours. Et plus qu'un exposé c'est aussi une discussion qui s'installe car là aussi, il est important que les élèves soient actifs. Après une introduction sur un (faux) ciel visible tel quel en ville, c'est un ciel de campagne qui est proposé.

Les (fausses, toujours) étoiles se mettent à scintiller dans un ciel quasi noir ; les têtes levées, des soupirs et petites exclamations fusent. Preuve est qu'on peut encore retrouver du merveilleux tout en apprenant. Mais ce n'est pas de la magie : c'est bien de la science.

Mais les élèves ne sont pas venus au planétarium mobile en public non averti. Et c'est lors des échanges avec Natacha Toussaint qu'on peut remarquer l'efficacité du projet monté par les professeurs du Collège Wolf. Lorsque le nom de "Jupiter" est prononcé, c'est un ensemble de notions qui vient de la bouche des collégiens. Chacun rapporte ce qu'il a pu retenir, sûrement en fonction de ses affinités : on parle de la planète, mais du dieu grec aussi, ou de musique - les barrières des disciplines sont brisées. Des musiques que les élèves sont invités à ré-écouter et qui viennent rythmer la visite étoilée. Une heure et demie passe, et chacun ressort du planétarium en toile. L'enthousiasme est palpable, et si les élèves ne sont pas toujours à l'aise alors que nous leur posons quelques questions sur leur ressenti, les mots qui sont exprimés restent en tête. Et notamment cet élève qui ne se rend pas compte de son effet à ses professeurs lorsqu'il lâche un simple "on apprend de la culture". Un constat que personne n'aurait mieux exprimé.

Outre l'apprentissage, ce qui marque les élèves dans leur projet, c'est son ambition. "Ils étaient super impressionnés quand on leur a dit qu’on allait faire une exposition dans Mulhouse.", explique Sarah Pol-Bodetto, professeure de SVT et enseignante référante du projet. "Que leurs parents, le maire allaient la voir. Je ne sais pas si ça a servi de motivation, mais quand on le leur a dit au départ, ça leur a fait un petit choc, et pas dans le sens péjoratif du terme." Lorsqu'on leur en parle, les élèves témoignent d'une vraie fierté et d'une vraie appropriation de leur travail.

L'un plaisante à propos de leur exposition : "Emmanuel Macron, il pourra la voir !". Dès le plus jeune âge, certains ont déjà de la suite dans les idées.