Guillaume Lecointre rend visite aux élèves du collège Louis Guilloux.

photo : ©Raphaël Communier - Maison pour la science en Bretagne

La venue de Guillaume Lecointre au collège Louis Guilloux n’est pas le fruit du hasard. Les élèves de 5e contactent en mars le chercheur en zoologie et professeur de systématique au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de manière plutôt audacieuse, en lui envoyant un simple email : « On ne vous connaît pas mais on voudrait expliquer le mystère des poissons antigel de l´Antarctique pour notre journal. ». Une initiative lancée grâce au projet pédagogique Embarquez en Antarctique ! qui se poursuit depuis déjà deux années.

Guillaume Lecointre, chercheur en systématique, auteur de nombreux ouvrages sur la classification du vivant, contributeur scientifique à Charlie Hebdo entre 1995 et 2005, est très engagé dans la transmission des sciences à l’école, et notamment sur la question de l’évolution. Les poissons antigel en sont un exemple très parlant : leur adaptation est telle qu’ils peuvent survivre dans des eaux allant jusqu’à -28°C _un record ! 

Guillaume Lecointre a été ravi de pouvoir répondre à leurs questions sur les Notothénioïdes (le nom scientifique des « poissons des glaces »). Les élèves ont notamment appris que certains poissons n'avaient pas de globules rouges, ou bien que leur cœur était plus gros que les autres. Une évolution qui convient à leur milieu de vie mais comporte parfois des retombées négatives : en cas de changement de température, ces poissons antigel ne pourraient plus vivre ! Une anecdote de Guillaume le montre : à 4°C, dans la station de biologie marine de Concarneau du MNHN, les pauvres notothénioïdes n'ont pas survécu. Les eaux à -2°C de l'Antarctique leur conviennent cependant très bien. Des réponses précieuses qui leur permettent de compléter leurs connaissances en sciences de la vie et de la Terre et de mieux comprendre l'évolution.

La collaboration entre le chercheur et les élèves s’inscrit dans le projet Embarquez en Antarctique grâce auquel l'IPEV a permis à une formatrice d'enseignant.e.s de la Maison pour la Science en Alsace de partir en Antarctique pour suivre six programmes scientifiques afin de fournir les éléments nécessaires à 45 projets pédagogiques et à la formation permanente des enseignants de Bretagne et d'Alsace. Elle s'inscrit également dans le projet des collèges pilotes La main à la pâte qui permet un accompagnement scientifique mené par la Maison pour la science en Bretagne, dans le cadre des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires).

Ainsi, les 5e de l’établissement Louis Guilloux abordent la question du voyage en Antarctique en étudiant la biologie des animaux qui y vivent, la récolte de données, et se sont lancés  dans la rédaction d’un journal décrivant la vie des chercheurs et des animaux au pôle sud.